Le 1er cerveau est lié à l’intelligence, le 2è à l’intuition. Si nous voulons résoudre une équation mathématique par exemple, nous avons besoin de l'intelligence; mais si nous sommes en forêt et que nous sommes perdus, notre intelligence ne nous sert à rien. Seule l'intuition peut nous aider. Pour avancer sereinement dans la vie, il est indispensable que nos 2 cerveaux soient valides.
Mais il est aussi indispensable que nos 2 centres soient actifs simultanément et non alternativement. Il est indispensable que lorsque nous avons une activité mentale, comme lire ou écrire, nous soyons conscient de notre corps et que celui-ci ait une bonne posture; et quand nous avons une activité physique, comme le jardinage par exemple, nous devons être conscient des mouvements que nous faisons, le centre mental lié doit être actif.
« Se détourner du monde extérieur n'est pas le bon chemin vers la spiritualité pour un Occidental, pas plus que l'abandon de sa spiritualité n'est le chemin de l'accomplissement pour l'Oriental. Tant que persistera cette dichotomie entre monde du dedans et monde extérieur, ou entre esprit et corps, l'homme n'aura pas accès au plein épanouissement de son sentir. Quand Jung met en évidence le trait d'union entre l'esprit et le corps, il montre qu'il est impossible de nier le corps au nom de l'esprit, et qu'il est tout aussi néfaste de nier l'esprit au nom du corps. Actuellement nous faisons les deux. Par les jeux Olympiques, nous rendons hommage au corps déspiritualisé ; dans nos écoles et dans nos bureaux nous révérons uniquement l'esprit. » (Dr. Alexander Lowen)
D'après le docteur Lowen, les hommes préhistoriques et les peuples primitifs sont comme les enfants, ils sont centrés dans leur ventre. Conséquence: il vivent dans un monde subjectif, un monde magique où toute chose semble habitée par un esprit, il y a dans ce monde un peu l'ambiance des rêves...
Au contraire, l'homme occidental est centré dans sa tête. Conséquence: il vit dans un monde objectif, régit par des lois et des règles, un monde totalement rationnel qui ne laisse aucune place au rêve, à la magie, ni à la perception que nous avions enfant...
Toutes les guerres, tous les conflits qui se produisent à l’extérieur de nous sont le reflet du conflit qui se produit en nous. Nos 2 cerveaux sont généralement en lutte pour prendre le pouvoir le contrôle de notre être, comme 2 partis politiques qui luttent farouchement pour le pouvoir. Des enfants sont victimes de leurs parents, des ouvriers sont exploités par leur patron : cela signifie que un des centres est dominant, tandis que l’autre est dominé. Bref, tous nos problèmes sont liés au fait qu’un centre domine l’autre, que notre esprit domine notre corps ou l’inverse. Quand un centre domine l’autre, cela dure un certain temps, puis les lois de la nature étant ce qu’elles sont, le centre dominé finit par prendre le pouvoir tôt ou tard, et à ce moment il se montre souvent cruel envers le centre qui l’a dominé.
Le Divin (Bouddha, Christ, etc) est constamment au-dessus de notre tête (on peut aussi le voir au niveau du chakra du cœur, mais en arrière de ce dernier). Lorsque nous nous ouvrons sincèrement au Divin, par le biais de la spiritualité, Il commence alors à descendre en nous et à transformer et diviniser notre être. Le Divin commence généralement par ouvrir les chakras supérieurs, vers la tête (mais pas toujours).
En effet, les chakras supérieurs correspondent au « civilisé » qui est nous. Il est rationnel, objectif, logique, etc. Il se tourne très facilement vers le Divin. Au contraire, les chakras inférieures, vers le ventre, correspondent au « sauvage » qui est nous. Il ne pense en gros qu'à manger, boire et dormir, au contraire du centre supérieur qui lui aime penser, imaginer, analyser, etc. C’est l’animal qui recherche l’activité sexuel (dont le but fondamental est la survie de notre espèce) ; l’esprit lui n’en a que faire…
En réalité, il est très difficile de faire pénétrer le Divin dans ces basses régions, qui sont liées à l'inconscient ; tandis que les chakras situés au-dessus du diaphragme gèrent le conscient. Quand on essaie de forcer l'animal en nous à pratiquer, à se tourner vers le Divin, cela ne marche pas : généralement il refuse de laisser la lumière du Divin le pénétrer, et si par extraordinaire il accepte, la lumière se change en ténèbre... Soit il refuse de se soumettre au Divin, soit il essaie de s'y soumettre, mais n'y arrive pas...
Le résultat, c’est que la plupart des disciples se retrouvent complètement divisés, complètement schizophrènes ! La partie supérieure de leur être vénère Dieu, et la partie inférieure fait n'importe quoi. On se retrouve comme Doc. Jeckill & MIstler Hide! C’est pour ça que certains peuvent faire des discours mystiques géniaux, à certains moments, et se comporter pire que les chiens et les porcs à d’autres moments.
« Un développement unilatéral de la conscience ou sa stagnation peuvent aussi être cause de nombreuses maladies graves, de troubles nerveux, et même d'affections mentales.
Notre corps et notre esprit sont sains lorsque le courant positif de la force vitale qui se manifeste sur le plan matériel, c'est-à-dire dans notre corps, est en parfait équilibre avec la force négative, c'est-à-dire la force de résistance du corps. Dans de telles conditions, un équilibre s'établit entre la force vitale et la résistance du corps sur laquelle elle s'exerce.
Chez un individu situé sur un plan de conscience peu élevé, la tension du courant de force vitale qui se déverse dans son corps est à basse tension. Son système nerveux est adapté à une résistance correspondante. Parallèlement à un développement de la conscience, la tension du courant de force vitale augmente ; il s'ensuit que le pouvoir de résistance du système nerveux doit également augmenter. Si ce processus a lieu graduellement et dans un parfait équilibre, le système nerveux a le temps de se fortifier, parallèlement à l'accroissement de tension des courants de force vitale, et de développer une résistance correspondante. Si, pourtant, le développement a lieu au petit bonheur et par à-coups, le système nerveux tombe malade à cause des courants puissants et des changements brusques auxquels il n'est pas habitué, n'ayant pas eu le temps de se construire la résistance nécessaire.
Une situation semblable a lieu lorsque trop d'électricité est branchée sur un circuit. A ce moment le fil électrique, c'est-à-dire la résistance, brûle. C'est le système nerveux qui joue le rôle de résistance au courant vital et il se dérègle s'il est exposé à un courant soudain et extrêmement puissant. Des troubles fonctionnels se produisent, des inflammations et même la paralysie complète sont possibles. Les désordres survenants sur le plan de la conscience occasionnent diverses maladies mentales. »
(Selvarajan Yesudian)
Pour en sortir, de cette division intérieur, la seule solution c’est de persévérer jusqu'au bout du chemin. Si les parties basses de notre être sont obstinées à refuser la descente du Divin, alors la seule solution c d'être plus obstiné qu'elles !
« Tu n'en sortiras pas, tant que tu n'auras pas porté ta croix jusqu'au bout ! »
(Jésus)
2. LES MEFAITS DE LA COMPLAISANCE
En fait, la lutte qui a lieu entre les parties hautes et les parties basses de notre être, correspond à la lutte entre l’esprit et le corps, c'est-à-dire à la lutte entre l’adulte et l’enfant.
Quand l’adulte n’arrive pas à imposer sa volonté à l’enfant ou alors qu’il l’impose d’une mauvaise manière, le petit enfant va certainement développer un caractère très difficile : colère, irrespect, etc. Mais il faut savoir que aucun enfant n’est mauvais ; un enfant qui se comporte mal n’est que le reflet de la mauvaise éducation qui lui a été donnée.
Dans cette situation tout le monde est malheureux : l’adulte est malheureux, car le petit enfant refuse de faire ce qu’il lui demande. Et l’enfant est malheureux, car l’image qu’il a de lui-même est déplorable ; ou plus précisément, l’image de lui que lui renvoie l’adulte est déplorable, et dons il va agir en fonction de cette image négative que lui a donné l’adulte, et endosser le rôle du méchant, car il pense que c’est ce que la vie attend de lui.
En fait, lorsqu’il y a un conflit à l’intérieur d’une famille, il ne peut y avoir que des perdants. En effet, blesser ou faire du mal à quelqu’un avec qui on est lié, cela revient en définitive à se faire du mal à soi-même.
La clé pour sortir de cette impasse, c’est que l’adulte cesse toute forme de complaisance envers l’enfant. Il ne s’agit pas du tout d’être violent ou agressif envers l’enfant, mais simplement de lui reprendre le pouvoir qu’il n’aurait jamais dû avoir.
En effet, le monde dans lequel nous vivons est complexe, dangereux, etc. Ce n’est pas un monde adapté pour les enfants, ni pour les animaux d’ailleurs. Je parle des animaux, car il y a des gens qui leur donnent un pouvoir qu’ils ne devraient pas avoir. Prenons l’exemple des chiens : certains dorment dans le lit de leur maître, mangent dans la même assiette, etc. On pourrait croire que c’est un « cadeau » pour le chien, mais c’est en réalité exactement l’inverse : le chien se retrouve en position dominante, c'est-à-dire en position de celui qui prend les décisions, alors qu’il est dans un monde qui le dépasse complètement. Cela me fait penser au cas du premier singe envoyé dans l’espace : celui-ci était suffisamment intelligent pour comprendre qu’il était au cœur d’une expérience, mais pas suffisamment pour comprendre le sens ni l’intérêt de cette expérience. Conséquence : un stress terrible pour l’animal.
Concrètement, comment faire pour s’en sortir ?
Je pense que tout ce joue lorsque nous sommes confrontés à une situation ingérable. Ce qu’il faut savoir, c’est que aucune situation n’est ingérable pour un adulte véritable, pour un « adulte » au sens le plus fort de ce mot. Les enfants – et 99,99% des gens sont des enfants à l’intérieur – perçoivent toute chose comme étant soit un bien soit un mal. Un adulte, quant à lui, voit tout comme un défi.
La crucifixion de Jésus, par exemple, est effrayante pour ceux qui perçoivent le monde comme des enfants ; un adulte digne de ce nom ne verrait même pas où est le problème, il dirait un truc du genre : « Bon, je vois pas trop pourquoi ces gens veulent détruire ce corps en faisant des trous dedans… Mais ce n’est pas grave, si ça les amuse ! ».
La grande erreur, l’erreur fatale, c’est de vouloir « gérer » une situation « ingérable ». Il est incorrect de demander à un enfant de gérer l’ingérable, car c’est au-dessus de ses forces. Par contre, l’adulte peut sans problème gérer une situation ingérable, car pour lui, aucune situation ne peut être perçue comme ingérable.
Quand l’enfant essaye de gérer une situation qui le dépasse, il n’y arrive pas. Son réflexe, c’est alors de se mettre à se plaindre, voire à gémir. Bref, il va dire « non » à la situation qui se produit, il va refuser la réalité, refuser que ce qui est soit. Ce non va engendrer une souffrance qui va aller en s’accroissant, et cette situation de souffrance va provoquer un deuxième non dans le cœur de l’enfant, qui va refuser de souffrir à cause d’une situation qui le dépasse. Ce deuxième non va encore accroître la souffrance… Bref, c’est un cercle vicieux : plus je souffre, plus je refuse la souffrance, et donc plus la souffrance s’accroît.
Ce qu’il faut faire face à une situation ingérable, c’est très précisément ne rien faire, en ayant le courage de reconnaître que dans cette situation on ne peut pas s’en sortir par soi-même. Cela a une conséquence en quelque sorte magique : l’adulte, autrement dit la partie la plus évoluée de notre être (Dieu le Père), passe au premier plan, et cela résout tout d’une manière magistrale.
Si l’on comprend bien ce qui vient d’être dit, alors il faudrait se réjouir de toute situation ingérable à laquelle la vie nous confronte. Je me souviens d’un mystique chrétien, contemporain de St-Thérèse d’Avila, qui dormait dans une minuscule cellule pour moine, non chauffée. Lorsque par exemple l’hiver il avait trop froid et percevait une voix qui commençait à se plaindre à l’intérieur de lui, il enlevait une épaisseur de vêtement, ou encore ouvrait la porte de sa cellule pour que le vent y entre…
En ce qui me concerne je pense utile de préciser qu’il n’y a pas un milligramme de masochisme en moi. Si je me suis confronté à des situations ingérables dans ma vie, notamment par le biais de l’alpinisme et de la marche en montagne, ce n’est pas du tout par masochisme, mais au contraire parce que seules ces situations me permettent de sortir le meilleur de moi-même et de me dépasser.
Etre confronté à la mort ici et maintenant permet de réaliser à quel point la vie est précieuse. C’est la présence de la mort qui donne un goût délicieux à la vie !
3. COMMENT EVITER LES CONFLITS
Comment éviter les conflits avec l'autre ?
Etre en conflit avec une personne de notre famille, avec un ami ou notre conjoint, avec un voisin ou qui que ce soit, dans une telle situation nous ne pouvons pas espérer être heureux et avoir le cœur en paix.
Comment en sortir ?
Si nous sommes en conflit avec une personne, si nous sommes mal à l’aise en sa présence, c’est parce que nous avons l’impression que cette personne nous juge négativement, et qu’elle ne nous comprend pas.
La première attitude – et c’est là le comportement habituel des chiens – consiste à réagir violemment à ce qui nous dit : « Tu n’as pas à me juger, tu n’as pas à me dire ça, salaud ! ». Il s’agit là d’une voie extrême, que l’on pourrait appeler extrême de la force.
La seconde attitude – et c’est là le comportement habituel des chats – consiste à ne pas réagir à ce qui nous dit, à la situation, et à fuir. Il s’agit là encore d’une voie extrême, que l’on pourrait qualifier d’extrême de la faiblesse.
L’attitude juste – l’attitude d’une personne vraiment consciente et lucide – consiste à réagir intelligemment à ce qui nous est dit : « Je vois que tu est en train de me juger négativement, peux-tu me dire pourquoi tu fais cela, car je ne le comprends pas ? »
En résumé, jugement et compréhension, pensée et vision, sont comme l’obscurité et la lumière : l’un exclue l’autre.
Pour moi, le « Diable », c’est un petit enfant frustré, en colère, dans un corps d’adulte. Les serials killers, les néo-nazis, etc, selon moi ces gens sont comparables à des enfants de mauvaise humeur, mais qui possèdent un corps d’adulte, ce qui leur permet de produire des actes incroyablement nuisibles pour eux-mêmes et pour autrui.