Méditation
4 : développer l’esprit altruiste
Pourquoi la souffrance existe, quelle en
est la cause ? Il n’est pas très difficile de répondre à cette
question : elle découle de nos actes, qui eux-mêmes découlent de notre
perception et de notre état d’esprit.
Quand nous tuons, volons, mentons, quand
nous nous intoxiquons (avec de la drogue, de l’alcool, en mangeant trop ou de
manière déséquilibrée), nous produisons des causes sources de souffrances pour
nous-même et pour les autres.
Si nous agissons d’une manière négative, c’est parce
que notre quotidien n’est pas satisfaisant, plus précisément c’est parce que
notre quotidien ne nous apporte pas l’intensité que nous recherchons.
Par exemple, il y a beaucoup de gens qui
en rentrant d’une journée de travail vont consommer un ou plusieurs verres
d’alcool. L’alcool ayant la propriété paradoxale d’augmenter l’intensité de
notre vie à court terme, mais également de la faire baisser à moyen et long
terme.
Mais pour certains jeunes, l’alcool seul
n’apporte ne leur donne pas suffisamment d’intensité de vie. Ils vont donc
brûler des voitures, casser des magasins, voir entrer dans un gang et tuer d’autres
jeunes qui recherchent l’intensité de la même manière…
On pourrait se demander pourquoi
certains hommes commettent des viols sur des femmes, alors que si ils ont un
désir sexuel très fort, ils pourraient simplement aller voir une prostitué, ce
qui serait bien moins négatif que de forcer une femme à avoir des rapports
contre sa volonté. C’est en fait toujours lié à l’intensité, que ces hommes ne
trouvent pas suffisamment en ayant des rapports tarifés.
Les personnes qui ont un karma négatif
extrême, comme les tueurs en série, les terroristes, les pédophiles, etc.,
commettent des actes très négatifs en étant également poussé pas la soif
d’intensité. A cause de ces actes, ils reprennent naissance dans les mondes inférieures (1).
Bref, si les êtres vivants sont prêts à
commettre toutes sortes d’actes négatifs, c’est parce qu’ils recherchent une
intensité de vie qu’ils ne parviennent pas à trouver au quotidien.
PRENDRE ET DONNER
Prendre et donner est une pratique issue
du bouddhisme tibétain. Cette pratique peut être associée à l’attention à la
respiration, mais ce n’est pas une obligation.
Dans cette pratique, nous visualisons
l’ensemble des êtres sensible devant nous, puis nous imaginons que toutes les
souffrances des êtres sensibles, depuis les souffrances les plus subtiles
jusqu’aux plus extrêmes, prennent la forme d’un nuage noir. Nous visualisons
alors que ce nuage se dissout en nous au niveau du centre énergétique du cœur
(situé au plexus solaire).
Puis, nous visualisons de nouveau
l’ensemble des êtres sensible devant nous, et nous imaginons que toutes les
causes des souffrances des êtres sensibles, comme la colère, la peur, la
jalousie, l’addiction, etc., prennent la forme d’un nuage noir et nous
visualisons que ce nuage se dissout en nous au niveau du centre énergétique du
cœur.
Puis, nous visualisons de nouveau
l’ensemble des êtres sensible devant nous, et nous imaginons que toutes la
cause profonde des souffrances des êtres sensibles, qui est un manque
d’intensité lié à une perception fausse du réel, prend la forme d’un nuage noir
et nous visualisons que ce nuage se dissout en nous au niveau du centre
énergétique du cœur.
Nous pouvons ensuite visualiser des
rayons de nectar blanc qui sortent de notre cœur et vont purifier tous les
êtres, dans un 1er temps en leur donnant le bonheur et la paix
auxquels ils aspirent, dans un 2ème temps en leur donnant les causes
du bonheur et de la paix auxquels ils aspirent, et dans un 3ème
temps en leur donnant la cause profonde du bonheur et de la paix auxquels ils
aspirent.
Cette pratique doit toujours être
effectuée dans un premier temps sur nous-même. Puis dans un deuxième temps pour
nos proches, et dans un troisième temps pour l’ensemble des êtres vivants.
En résumé, en recherchant notre propre bonheur, nous allons en fait renforcer
l’attachement et l’aversion au sein de notre propre esprit, et par
conséquent nous allons créer nous-mêmes un terrain favorable à l’apparition de
souffrances multiples et ingérables.
Inversement, en recherchant le bonheur d’autrui, nous allons en fait renforcer les
qualités de notre esprit, comme l’humilité, la générosité, l’éthique, etc.,
et cela aura pour conséquence de créer en nous-mêmes un terrain favorable à
l’apparition d’un bonheur vrai et durable.
"Quiconque souhaite devenir rapidement une source de joie pour lui-même et autrui devra pratiquer le suprême mystére : l'échange de soi pour autrui" (Shantideva).
Cela signifie qu'en cherchant son propre bonheur principalement, nous ne serons pas heureux et nous n'apporterons pas de bonheur aux autres; alors qu'en cherchant à donner du bonheur aux autres principalement, nous serons comblés et nous serons une source de bonheur pour les autres.
NE PLUS CEDER A L’EXASPERATION
Chaque minute qui passe, de nombreuses
personnes perdent la vie : les gens meurent dans des accidents, suite à
une maladie, après avoir été attaqué par un ennemi, un animal sauvage, etc.
Chaque minute qui passe, des enfants perdent leur père ou leur mère, des
parents perdent leur enfant, des gens perdent la vue ou l’usage de leurs jambes
voir même les deux. Chaque minute qui passe, des milliers d’êtres humains, y
compris des enfants, sont confrontés à des maladies et des souffrances ingérables.
Dans ces conditions, il n’est pas
correct de notre part de céder à l’exaspération dans notre quotidien.
Concrètement, nous ne devons pas dire des phrases comme « C’est
scandaleux ! » ou « C’est pas possible ! » juste parce
que notre train a 10 minutes de retard ou que la météo annonce un temps pluvieux…